La dure vie d'hôtesse du Tour de France

La dure vie d'hôtesse du Tour de France©Media365
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Media365, publié le samedi 08 juillet 2017 à 11h40

Le Tour de France est l'occasion de parler en bien du pays, de vivre une course unique au monde. Mais c'était sans oublier la dure condition des hôtesses durant la Grande Boucle.

Le Tour est un des événements les plus regardés au monde. Il brasse entre 15 à 20 millions de téléspectateurs par étapes, ce qui est énorme. Un événement populaire qui fait la joie de bon nombre de Français, de certains pays frontaliers et des touristes étrangers. Mais certaines personnes ne vivent pas trois semaines de tout repos : il s'agit des hôtesses. Car si l'ambiance est souvent bon enfant, il ne faut pas omettre le décor bien différent en coulisses.

Un sexisme bien présent
Souvent étudiantes ou en recherche d'emploi, les hôtesses touchent environ 2000 euros net sur la période du Tour de France. Un salaire plus qu'honorable. Mais l'argent n'est rien à côté de ce que peuvent subir certaines femmes. Car en échange d'un sachet de bonbons, d'un briquet ou d'un bout de saucisson, les visiteurs se distinguent parfois par des insultes, des mains aux fesses ou des blagues graveleuses.

Des témoignages recueillis par Franceinfo sont ainsi édifiants. Charlotte, 27 ans, travaille pour McCain et se déguise en frites sur les routes du Tour. Alors qu'elle doit se montrer souriante au public, elle est bien plus préoccupée par l'attitude de certains : « Il n'y a rien de très poétique, pardon par avance... Il y a la traditionnelle 'Je te mettrai bien ma saucisse' ou la classique 'Tu veux un peu de sauce ?' et l'inévitable 'Tu es toute nue sous ta frite ? (...) Dans la vraie vie, je descendrais mettre des baffes. Mais là, je représente une marque. Donc tu encaisses et tu souris ».

L'obligation au silence
Représentantes de marques importantes pour l'image du Tour, ces hôtesses sont donc dans l'obligation de ne pas répondre aux provocations diverses et variées. Juliette, 30 ans, raconte :  "Il y a des endroits où c'est plus compliqué. Comme aux abords de la ligne d'arrivée, par exemple, car tu es au milieu de la foule, toute seule. Au programme : des mains aux fesses, des caresses hasardeuses, des bisous forcés, des photos en pleine face. Il faut s'y faire".

Le clou du spectacle est conté par Elodie, qui a vécu une drôle de mésaventure avec des supporters hollandais : "Quelqu'un m'a jeté un verre d'urine, ça dégoulinait, ça sentait fort, c'était horrible. J'ai même vu des mères de famille me traiter de connasse". En guise de réponse, elle a tout de même adressé un doigt d'honneur à ce groupe de supporters. Difficile de garder son calme dans ces conditions...

Une misogynie visible partout
Ces cas ne sont malheureusement pas isolés et comme rajoute la dernière hôtesse, « le public a laissé son cerveau à la maison ». « La grande majorité des gens que l'on croise sont adorables », précise-t-elle tout de même. Un comportement inacceptable qu'adoptent même certains coureurs. Questionné sur l'abstinence sexuelle durant le Tour, le coureur belge Jan Bakelants a ainsi récemment indiqué qu'il « compensera avec des films pornos et qu'il prendra dans ses bagages un paquet de préservatifs, car on ne sait jamais où les hôtesses vont sortir ». Il a dû s'excuser immédiatement sur Twitter.

En Australie, le problème a été écarté. Lors du Tour Down Under 2017, les hôtesses ont été remplacées par des jeunes cyclistes d'à peine 18 ans. Une décision imposée par l'État d'Australie méridionale et qui s'applique aussi aux courses automobiles. Mais cela ressemble davantage à un évitement qu'à une véritable résolution de ce fléau...

 
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